Clap de fin pour les pionniers de la vape en France !

La fin de Sovape : Clap de fin pour les pionniers de la vape en France !

Le 6 octobre 2024, une nouvelle est venue secouer le petit monde de la vape en France : Sovape, l’association phare qui défendait la cigarette électronique depuis sa création en 2016, a annoncé la fin de ses activités. Un choc pour beaucoup, car Sovape était devenue un acteur incontournable du secteur. Retour sur l’histoire de cette association qui, en seulement huit ans, a laissé une empreinte indélébile dans la défense de la vape et la réduction des risques en France.

Sovape : Une association née du Sommet de la Vape 2016

Pour bien comprendre l’importance de Sovape, il faut revenir à ses origines. L’association est née en 2016 suite au premier Sommet de la Vape, un événement clé qui a rassemblé scientifiques, professionnels de santé, vapoteurs et militants autour d’un objectif commun : défendre et promouvoir la cigarette électronique comme une alternative moins nocive au tabac. C’est lors de ce sommet que les futurs fondateurs de Sovape, parmi lesquels des figures comme Jacques Le Houezec (tabacologue) et Brice Lepoutre (ancien président de l’AIDUCE), ont décidé de se structurer pour répondre aux défis législatifs et de santé publique qui entouraient la vape.

Sovape a donc été créée dans un contexte où l’information sur la vape était encore floue, voire négative. Face à une méfiance généralisée des autorités et à la stigmatisation des vapoteurs, Sovape s’est positionnée comme une voix de la raison et du pragmatisme, avec pour mission de fournir une information rigoureuse, basée sur des données scientifiques solides. Le combat s’annonçait rude, mais l’équipe de Sovape était prête à relever le défi.

Les pionniers de la réduction des risques

Les fondateurs de Sovape ont rapidement compris que pour faire avancer les débats, il fallait se battre sur plusieurs fronts : législatif, scientifique et médiatique. Ils ont ainsi mené des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaître la vape comme une alternative viable au tabac. Mais Sovape n’a pas seulement défendu la vape, elle s’est aussi battue pour un principe plus large : celui de la réduction des risques. En mettant en avant la différence fondamentale entre le tabagisme traditionnel et l’utilisation de la cigarette électronique, l’association a contribué à changer la perception publique et à soutenir des millions de fumeurs dans leur transition vers des produits moins nocifs.

L’une des grandes victoires de Sovape fut la reconnaissance croissante, notamment au sein de la communauté scientifique, de la cigarette électronique comme un outil de réduction des risques. Le chiffre souvent cité de « 95 % moins nocif que le tabac » venait régulièrement appuyer leur plaidoyer. Sovape a permis d’installer cette idée dans les esprits, malgré les résistances initiales.

La création de l’EHTRA, une avancée européenne

En plus de ses activités en France, Sovape s’est également impliquée à l’échelle européenne. En 2017, l’association a co-créé l’European Harm Reduction Advocates (EHTRA), un réseau européen dédié à la défense de la réduction des risques, en particulier dans le cadre de la consommation de tabac. Ce projet, mené en collaboration avec des associations de toute l’Europe, avait pour but d’amplifier la voix des vapoteurs et des professionnels de santé auprès des institutions européennes, souvent frileuses face à la cigarette électronique.

L’EHTRA a permis de renforcer les liens entre les différentes organisations défendant la vape en Europe et d’harmoniser les actions face aux législations parfois restrictives de l’Union Européenne. Sovape, à travers ce réseau, a contribué à structurer le plaidoyer pour la vape à l’échelle continentale, tout en partageant les meilleures pratiques pour la réduction des risques.

Un combat face à des obstacles de plus en plus nombreux

Si Sovape a connu de nombreuses réussites, les dernières années ont été plus difficiles. L’association s’est retrouvée confrontée à une dégradation croissante des relations avec les instances publiques et les décideurs politiques. Alors qu’au début, les débats avec les institutions étaient encore possibles, ces dernières années, Sovape s’est heurtée à un mur. Les possibilités de dialogue se sont réduites, les échanges sont devenus plus polarisés, et les positions des autorités de santé sont devenues de plus en plus rigides.

C’est cette détérioration des relations avec les institutions et l’impossibilité de maintenir un dialogue constructif qui a poussé Sovape à prendre la décision de cesser ses activités. En effet, pour une association dont l’objectif est de faire avancer le débat et de défendre les intérêts des vapoteurs, l’absence de possibilité de discussion avec les décideurs a été un véritable coup dur. « Nous ne pouvons plus remplir notre mission initiale », ont expliqué les membres de Sovape dans leur communiqué de fin d’activité.

La perte de BVA : Un coup fatal

Un autre facteur décisif dans la décision de Sovape a été la perte de leur principal partenaire de sondage, BVA. Ce partenariat était crucial pour l’association, car il leur permettait de disposer de données fiables sur les comportements des vapoteurs et des fumeurs en France. Ces sondages, largement médiatisés, apportaient des arguments solides dans le débat sur la cigarette électronique et la réduction des risques. Mais lorsque BVA a annoncé la fin de sa collaboration avec Sovape, l’association s’est retrouvée privée de l’un de ses principaux outils pour nourrir ses plaidoyers.

Sans ces données, il devenait encore plus difficile pour Sovape de continuer à influencer les décideurs et de contester les informations parfois erronées véhiculées sur la cigarette électronique. La perte de ce partenaire a donc été un coup dur pour l’association, déjà affaiblie par la dégradation des relations avec les pouvoirs publics.

Un héritage qui perdure malgré tout

Malgré la fin de Sovape, l’héritage de l’association perdure. En seulement huit ans, Sovape a contribué à changer la perception de la cigarette électronique en France et à défendre les droits des vapoteurs face à des législations parfois trop restrictives. Les conférences qu’ils ont organisées, les études qu’ils ont mises en avant, et les débats qu’ils ont suscités ont laissé une trace indélébile dans le paysage de la vape.

Et même si Sovape disparaît, d’autres associations, comme l’AIDUCE ou la FIVAPE, continuent de porter ce flambeau. Le combat pour la réduction des risques est loin d’être terminé, et la cigarette électronique reste au cœur de ces enjeux. L’absence de Sovape se fera ressentir, mais les défis à relever sont toujours là, et d’autres acteurs sont prêts à prendre la relève pour continuer à défendre une alternative qui a déjà aidé des millions de fumeurs à tourner la page du tabac.

Un dernier hommage

Alors que Sovape tire sa révérence, il est temps de saluer une dernière fois cette association qui a tant fait pour la vape en France. Sans eux, la situation serait probablement bien différente aujourd’hui. Pour les vapoteurs, Sovape a été une bouffée d’air frais, un acteur de confiance dans un monde souvent hostile aux nouvelles alternatives. Et pour cela, ils méritent un immense merci.

Un dernier nuage de vapeur en leur honneur, et levons nos cigarettes électroniques en hommage à Sovape, pionnier et défenseur infatigable de la vape en France. Santé à eux, et longue vie à la vape !

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