Rejet de la taxe sur les e-liquides par le Sénat : un soulagement pour la vape dans le PLF 2026
Ces derniers jours ont été explosifs pour le monde de la cigarette électronique. Alors que le Projet de Loi de Finances 2026 PLF 2026 promettait une salve de mesures fiscales contre la vape et le CBD, un retournement de situation inattendu est survenu : le Sénat a massivement rejeté les amendements visant à imposer une taxe sur les e-liquides et à interdire la vente en ligne de produits de vape.
Résultat : un répit pour le secteur, mais une bataille loin d être terminée. Plongeons ensemble dans ce qui s est vraiment passé et ce que cela signifie pour les vapoteurs, les boutiques et l avenir de la réduction des risques en France.
Un PLF 2026 qui faisait trembler la vape
Le contenu explosif des amendements 264, 517, 575, 1096 et 2254
Ces amendements prévoyaient l introduction d une taxe sur les e-liquides, même sans nicotine. Les montants n étaient pas anodins :
0,03 € HT par ml pour les e-liquides ≤ 15 mg/ml de nicotine
0,05 € HT par ml pour les e-liquides > 15 mg/ml
Sur le papier, cela semble léger. Dans la réalité, cela aurait transformé un simple flacon de 50 ml en un produit nettement plus cher, avec une inflation de plusieurs euros pour le consommateur. Et dans un contexte où la vape est l un des outils les plus utilisés en France pour quitter le tabac, l impact aurait été, disons le franchement : catastrophique.
Une tentative d interdiction de la vente en ligne
Autre bombe : certains amendements voulaient purement et simplement interdire la vente de cigarette électronique et d e-liquides sur Internet. Cette idée aurait :
– supprimé un accès essentiel pour les personnes vivant loin des villes
– affaibli les petites boutiques indépendantes
– renforcé les marchés parallèles
– complexifié l accès à des produits contrôlés
En bref : une mesure bien intentionnée, mais totalement déconnectée des réalités.
Un durcissement sur le CBD
Les amendements écartés prévoyaient aussi de passer la TVA des fleurs et résines de CBD de 5,5 % à 20 %. Un bond fiscal énorme, qui aurait renchéri les produits de bien être, sans justification sanitaire solide.
Un vote clair : le Sénat met un stop aux taxes et interdictions
Une victoire écrasante contre les taxes
Le Sénat a rejeté en bloc tous les amendements visant à instaurer une taxation des e-liquides. Cela signifie que :
➡ Aucun impôt additionnel ne sera appliqué sur les prix des e-liquides en 2026, du moins à cette étape.
➡ Les vapoteurs ne verront pas la facture grimper de plusieurs euros sur chaque flacon.
➡ Le secteur respire, pour le moment.
La vente en ligne sauvée
La proposition visant à supprimer le e commerce de vape a également été retoquée. Résultat : les sites Internet de cigarette électronique restent parfaitement légaux. Bonne nouvelle pour les consommateurs et pour les boutiques sérieuses.
Pas de surtaxe sur les fleurs et résines de CBD
Le Sénat a aussi dit non à l augmentation de TVA sur le CBD. Pour les clients, cela veut dire :
– pas de hausse soudaine des prix
– pas de frein injustifié à des produits contrôlés et non psychotropes
Qu est ce que cela change maintenant ?
Pour les vapoteurs : stabilité et accessibilité
Les prix restent identiques, la liberté d achat reste intacte, et les produits restent accessibles partout en France. Pour un marché où la transition hors tabac dépend de ces facteurs, c est tout simplement essentiel.
Pour les boutiques : un soulagement temporaire
Les professionnels de la vape peuvent encore souffler. Pas de taxe.
Pas de restrictions absurdes.
Pas d obligation d agrément administratif compliqué.
Mais attention : ce n est pas terminé.
Pour le débat public : un désaccord profond persiste
Le gouvernement souhaite depuis plusieurs années rapprocher la fiscalité de la vape de celle du tabac. Le Sénat, en revanche, estime que :
– la vape aide à quitter le tabac
– elle ne contient pas de combustion
– elle doit rester accessible
Ce désaccord de fond promet encore de nombreux débats.
La suite : direction la Commission Mixte Parlementaire
Le texte retourne en commission mixte parlementaire CMP
La CMP, composée de sénateurs et de députés, devra tenter d élaborer une version commune du PLF 2026. Et là, attention :
➡ L Assemblée nationale peut réintroduire les taxes
➡ Elle peut réintroduire l interdiction de vente en ligne
➡ Elle peut modifier la fiscalité du CBD
En clair : la partie n est pas gagnée, rien n est définitif.
Le retour devant l Assemblée nationale
Après la CMP, le texte repassera devant les députés. Et en cas de désaccord persistant, c est l Assemblée qui aura le dernier mot.
Ce qui veut dire que :
la taxe peut revenir à tout moment lors de la prochaine lecture.
Pourquoi ce rejet ? Les arguments des sénateurs
La vape : un outil de sevrage, pas un simple produit récréatif
Les sénateurs se sont appuyés sur un point essentiel : taxer la vape, c est indirectement favoriser le tabac.
Préserver les petits commerces
Beaucoup de sénateurs ont alerté sur les conséquences économiques : hausse des prix, baisse des ventes, fermeture possible de boutiques indépendantes.
Lutter contre le marché noir
Une taxation excessive créerait un boulevard pour les produits de contrefaçon. Le Sénat a tenu à éviter ce scénario.
Conclusion : un répit, mais pas une victoire finale
Le rejet du Sénat est un signal fort : la vape ne doit pas être assimilée à un produit du tabac, ni devenir un simple outil fiscal. Mais rien n est figé. Le texte revient bientôt devant l Assemblée nationale, et les menaces pourraient ressurgir à tout moment.
Pour l heure, c est un répit bienvenu pour les vapoteurs et les professionnels. Cependant, il faudra rester vigilant, suivre les prochaines étapes du PLF 2026 et continuer à défendre une vape accessible, encadrée et utile pour toutes celles et ceux qui veulent sortir du tabac.